DEB | Antoine Amazonie | 7

Publié le par Dominique-Emmanuel Blanchard | DEB

 

ANTOINE 7 underwood-typewriter.jpgJe ne me souviens de plus de notre rencontre. Ce que je sais c'est que nous nous sommes aimés aussitôt. Que c'était de l'amour, et que très vite nous ne nous sommes plus beaucoup quittés Antoine et moi. Son nom dans la vie était exactement celui de l'acteur Michel Simon. Je dis cela. Je dis son vrai nom. Je peux faire cela maintenant que ce roman est à distance, que je peux le reprendre à tout instant, le laisser se dérouler sous mes doigts.

J'ai dit le regard vert d'Antoine, j'ai dit sa chevelure rousse. J'ai oublié son visage mais le roman ne ment pas, pas là. Il me faudrait une photo d'Antoine. Je n'en ai pas. C'est Jack-Paulo que j'ai photographié. Du reste je n'ai pas beaucoup de traces de ce voyage. Peu de photos et les personnages réels se sont dispersés. Il n'y a plus que ce roman pour les rassembler. Même les personnages manquants sont là.

Dans le roman, Marianne est absente. Le narrateur l'a quittée. C'était anticiper. La rupture, l'ultime, n'avait pas encore eu lieu. Elle ne tarderait pas.

Je ne sais pas comment Antoine Amazonie est né. Je me revois l'écrivant, en lisant la première version dans la salle de bain à Marianne qui m'écoutait à peine. Ce devait être le soir, nous allions vers d'autres amours et nous avions sans doute commencé à boire.

Cette première version d'Antoine s'appelait Fugue pour un clavier mal tempéré. C'est un beau titre je trouve. Le clavier était celui d'une vieille machine à écrire. Autant qu'il m'en souvienne, une Underwood 1954 que je crois avoir encore, mais où, va savoir !

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